vendredi 26 mai 2006

Le bal du capitalisme

C’est ce vendredi 2 juin vers 19h45 sur RTL-TVI, dans l’émission Reporters. Mais c’était surtout le 24 février dernier, au Concert Noble à Bruxelles. Dans un cadre fastueux, Mattias Bengtsson, président du think tank ultralibéral Center for the New Europe (CNE), ouvrait le quatrième «Bal du capitalisme». Quelque 400 invités triés sur le volet – hommes d’affaires, diplomates, politiciens, journalistes, universitaires et militants du marché libre –, issus des quatre coins du globe, pouvaient alors célébrer ensemble un système économique pourtant de plus en plus remis en cause à l’échelle planétaire.
Parmi les invités, citons notamment Boyden Gray, l’ambassadeur américain à l’Union européenne, ou encore Johan Norberg, auteur du Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste (Plon, 2004). Sur le site Internet du CNE, une vidéo de 9 minutes, sur fond du «I feel good» de James Brown et du «Bittersweet symphony» de The Verve, donne un aperçu de cette soirée très particulière... Un amuse-gueule, sans doute, avant le reportage de Daniel Nokin et son équipe, diffusé vendredi soir.
Plus fondamentalement, les think tanks ont proliféré ces dernières années dans la capitale de l’Europe. Ils seraient entre 36 et plus de 70 environ, selon les sources. Aucune transparence n’existe actuellement quant à leur mode de financement, comme en témoignent deux excellentes enquêtes du Corporate Europe Observatory réalisées l’an dernier et passées totalement inaperçues (1).
Le lobbying des think tanks, qui s’opère par le biais de conférences, débats, études ciblées et... bals, désormais, est pourtant d’une redoutable efficacité car il se passe souvent au plus haut niveau.
Le CNE, dont il sera question vendredi, emploie une quinzaine de personnes à temps plein. Depuis 1998, il aurait entre autres touché 170.000 $ d’ExxonMobil. Pas étonnant dès lors qu’il soit particulièrement actif sur le front de la lutte contre le Protocole de Kyoto, combat pour lequel il a notamment recruté Edgar Gärtner, l’ancien rédacteur en chef de la revue allemande du... WWF.

(1) Transparency unthinkable? Financial secrecy common among EU think tanks, CEO, juillet 2005; Covert industry funding fuels the expansion of radical rightwing EU think tanks, CEO, juillet 2005.

4 commentaires:

Anonyme a dit...

Une fête du capitalisme? Pourquoi pas. Il y a bien la fête de l'humanité ou la fête du progrès. Libre à ceux que ca interpellent d'y participer. Quant au financement plutôt des think thanks, il y a effectivement peu de transparence. Et je vois mal comment améliorer les choses, la plupart n'étant pas des fondations de droit belge. Le mieux reste sans doute un contrôle par la société civile. Pour les groupements qui ont d'autres affiliations idéologiques, la question est maintenant: devons-nous constituer nous aussi un lobby, ou combattre l'existence même des lobbys? Vaste programme.

Cordialement.
Damien de Namur.

Anonyme a dit...

Vu le reportage... impresionnant de voir le décalage entre les invités du bal et la vraie vie... Commentaire plein de second degré. Audacieux, surtout sur RTL...

Thomas a dit...

Moi je trouve ça très bien.
Je suis pour la liberté d'association. (Syndicats de travailleurs, de patrons, de locataires, de propriétaire, ... ONG, asbl, confréries, lobby (que ce soit Greenpeace, le lobby gay, le lobby juif, ou le CNE)
Des groupes défendent leurs idées et pour ce faire, ils se font financer par d'autres groupes qui eux défendent leurs intérêts.

C'est exactement ce qui se passe au parlement, si ce n'est qu'au parlement, le financier c’est nous (tous les citoyens qui paient des impôts) et il est rare d’y trouver qqn qui y défend nos intérêts avant les siens. Le but d’un élu étant de se faire réélire, son intérêt ultime est de se faire réélire, et il est rare que ses intérêts rencontre les nôtres.

Sérieusement, y a rien de plus démocratique que le lobbying.
Greenpeace a des idées et se fait financer par les citoyens qui trouvent leurs intérêts en préservant leur environnement ou par les citoyens qui partagent simplement leurs idées.
Le CNE défend des idées non-interventionnistes, ils se font financer par des sociétés comme Exon qui défend ses intérêts en luttant notamment contre les lois anti-trust et les barrières au libre-échange (interventionnisme).Ils se font égalemnt financer par des particulier qui partagent leurs idées. Quoi de plus naturel?

Le plus amusant la dedans c'est que le CNE est pour le principe du pollueur payeur (internalisation des externalités). S’il lutte contre le protocole de Kyoto c’est précisément par ce que celui-ci n’est rien d’autre qu’une intervention de l’état qui ne résoudra pas le problème, pas du tout même. Ils sont pour extension de la propriété privée à l’air que nous respirons et appliquer le principe du pollueur payeur. « Tu pollue mon air, tu nuis à ma santé, ceci est une violation de ma propriété privée. Soit on négocie un prix, soit on va au tribunal et tu devra me dédommager lourdement » de cette façon, la rentabilité d’une activité polluante est gravement remise en question. Ce qui diminuera spontanément le taux de CO2 émis dans l’air. Le coût d’utilisation d ‘une voiture polluante sera très élevé, l’économie faite grâce à un chauffe eau solaire sera vraiment conséquente. Une année d’économie de pollution paiera les vacances annuelles du ménage.

Peu le savent et ce à cause de leurs financiers. C'est dommage parce que ils ne peuvent pas défendre des idées qui pourraient probablement intéresser un lobby tel que Greenpeace. Mais d'un autres c’est positif, parce qu'il est vraiment peu probable qu'Exon trouve un jour un Think Tank rempli de doctorants de haut niveau pour défendre la liberté de polluer.

De toute évidence, je partage pas mal d’idée avec le CNE, mais que je partage ou non les idées d’un lobby, que ce soit un lobby raciste, communiste, fanatique religieux, écologique, libertin, féministe, pro ou anti-avortement, … ou « ultra-libéral » (ça ne veut rien dire mais soit), je défendrais toujours la liberté d’opinion, d’expression et d’association.

Thomas
Bruxelles

Thomas a dit...

Je rajoute juste que le CNE défend aussi le rachat massif par des organisations écologique de grande passerelle de forêt à protéger tel que la forêt amazonienne.
Ce sera alors a eux de décider comment protéger la forêt des braconniers et des voleurs de bois.
ça existe déjà en N0ouvelle Zélande où des particuliers se réunissent pour acheter des terrains boisés près de leur domicile pour avoir la garantie que les petit marsupiaux qui y vivent y resterons ainsi que préserver l'habitat des oiseaux. Ils voulaient aussi s'assurer que le lieu ne serait pas transformé en lieu de promenade touristique.
Ils ont reçu des propositions très alléchantes tant du coté des promoteurs immobiliers que du coté de l'état et ils ont toujours refusé. La seul conséquence, c'est que le manque de logement dans la région (les promoteurs ne peuvent plus construire ou presque) et l'accroissement de la demande (il est très très agréable d'y vivre) le prix du logement dans la région est devenu impayable.
Mais ce n'est pas vraiment négatif, d'autres habitants d'autres quartiers (qui se foutent complètement de l'écologie) ont commencé à faire la même chose et à refuser les mêmes propositions des mêmes promoteurs pour voir le prix de leur logement multiplier par 10 en 10 ans. Belle opération écologique et financière où l'ont a vu des crétins devenir écolo par intérêt. Je trouve ça magnifique. Tout le monde en a profité, la nature en premier.

Thomas
Bruxelles