jeudi 11 janvier 2007

La guerre des ondes

Obsédée par l’idée de griller la RTBF à tout prix, RTL-TVI vient de décider de diffuser ce vendredi soir, contre toute attente, un reportage sur les dangers éventuels de la téléphonie mobile réalisé par le journaliste Alain Diels pour le magazine «Reporters». Du côté de la maison Reyers, Hugues Angot prépare en effet depuis plusieurs mois un reportage sur le même sujet pour le magazine «Questions à la une» dont la diffusion est programmée le mercredi 24 janvier.
Il faut dire que le sujet est chaud. Les antennes, qui prolifèrent un peu partout, pourraient même être les invitées surprises de la campagne électorale qui s’annonce. Les normes fédérales en matière d’émissions électromagnétiques sont en effet jugées beaucoup trop laxistes par de nombreux observateurs. Ainsi, le Conseil fédéral de santé et d’hygiène, dont l’avis n’est que consultatif, préconise-t-il une limite maximale de 3 volts par mètre (V/m), alors que le ministre PS de la santé Rudy Demotte autorise des émissions pouvant atteindre... 30,7 V/m pour les signaux UMTS, WiFi et WiMax!
L’OMS a prévu de publier, courant 2007, une mise à jour de ses recommandations en matière de normes d’émissions. L’irruption de ce dossier sanitaire dans la campagne électorale pourrait bien dépendre de la date de publication de ce document. Et du retentissement auprès du grand public, bien sûr, de ces deux émissions télé.

Reporters, RTL-TVI, vendredi 12 janvier, 19h45-20h25


A écouter, par ailleurs, la dernière émission des Objecteurs de croissance, consacrée également à cette problématique. Avec Paul Lannoye (ex-député européen Vert), Xavier Samson et Marie (électrosensibles), Jean Delcoigne et Joseph Agie de Selsaten (Teslabel):





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3 commentaires:

Doc Mobilo a dit...

il y a un article dans Le Soir de ce vendredi avec une interview d'Alain Dils qui raconte quelques cracs, notamment que les tumeurs du nerf acoustique sont "potentiellement très graves". C'est faux, ce sont des tumeurs bénignes très facile à opérer. Elles sont en outre très rares (10 cas par an en Belgique) et le risque d'en choper une avec son GSM ne serait que doublé (en l'état actuel: d'autres données en cours de collecte pourraient réduire ou accentuer ce risque):

"L'énigme du neurinome suédois

En octobre 2004, l'Institut de Médecine Environnemental (IME) du célèbre Karolinska Institutet de Stockholm a diffusé un communiqué qui a jeté un certain émoi. Il révélait que l'examen de 150 cas de neurinomes – une tumeur bénigne survenant au niveau du nerf acoustique, très lente à s'établir et assez rare (estimée à un cas par an pour 1 000 000 personnes) – concluait à un risque doublé chez les utilisateurs intensifs du téléphone mobile depuis au moins dix ans. Détail troublant, le facteur de risque était multiplié par quatre si l'on prenait en compte le côté du crâne systématiquement employé pour porter l'appareil.

De l'avis même des chercheurs – qui n'ont cependant pas résisté à la publicité donnée à l'information – ce constat doit être pris avec la plus grande prudence. Tout d'abord parce que l'échantillon analysé des porteurs de cette tumeur est mince. L'étude Interphone devrait fournir des résultats plus exhaustifs portant sur un millier d'examens de personnes atteintes de cette affection. La spécification de "au moins dix ans" (l'identification du risque augmenté n'ayant à aucun moment été décelée en dessous de cette période) indique peut-être aussi un problème de technologie. Les premiers téléphones en usage au-delà de cette limite de temps étaient de type analogique (NMT). "Rien ne nous permet d'affirmer que ces résultats à long terme concerneraient l'usage des téléphones digitaux de la génération GSM…", précisent les chercheurs."

http://ec.europa.eu/research/rtdinfo/46/01/article_2944_fr.html

David a dit...

merci "Doc Mobilo" pour ces précisions. Il nous reste à attendre les résultats définitifs d'Interphone, prévus courant 2007...

DG a dit...

APPEL DE BRUXELLES - 31 janvier 2007.
Pollution électromagnétique et atteinte à l’article 23 de la Constitution
Demande d’interpellation du Ministre fédéral de la Santé, Monsieur Rudy Demotte


Monsieur Herman De Croo, Président de la Chambre des Représentants,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Le 10 août 2005, les ministres P. Dewael, A. Flahaut, M. Verwilghen, R. Demotte et B. Tobback ont signé un Arrêté Royal autorisant de soumettre dorénavant tout habitant du Royaume, de gré ou de force et chaque seconde de sa vie, à un rayonnement en micro-ondes pulsées à 20,6 volts par mètre à 900 Mhz (et davantage encore à plus hautes fréquences) et en conséquence à l’ensemble des effets biologiques qui y sont officiellement associés.

Ces valeurs limites ont été établies sur des bases scientifiques fragmentaires et sont remises en cause par de nombreux scientifiques, notamment parce qu’elle ne tiennent aucunement compte du caractère permanent de l'exposition, ni de la physique quantique. Aucun des ministres signataires, ni aucun volontaire, n'oserait d’ailleurs proposer de se soumettre à une telle intensité de hautes fréquences sur une période prolongée et d’en observer les effets sur sa propre santé.

Sur base des travaux de recherche les plus récents, la limite de 3 V/m (et jusqu’à 4,3 V/m en UMTS) prévue par les propositions de députés du Parlement Bruxellois et du Vlaams Parlement reste tout à fait insuffisante pour une protection acceptable de la santé, puisque des effets sanitaires se produisent à des niveaux d’exposition bien inférieurs.

La Commission européenne a légiféré pour créer une norme de compatibilité électromagnétique. Les appareils électroniques qui sont capables de fonctionner sans altération en étant soumis à un champ électromagnétique de 3 V/m peuvent recevoir un marquage « CE ». Or, le corps humain n'est pas, contrairement à ces appareils, blindé pour résister sans altération à 3 V/m.

Sans entrer ici dans les détails, la limite d’exposition devrait viser la protection des populations "sensibles" et être dans tous les cas inférieure en crête à 0,6 V/m (0,001 W/m²) pour tout rayonnement en micro-ondes pulsées, et vraisemblablement même encore moins en fonction de la recherche en cours.

Par la présente, nous demandons l'interpellation du Ministre de la Santé, Monsieur Rudy Demotte, devant la Chambre, en séance plénière, pour atteinte à l'article 23 de la Constitution, lequel garantit à chaque citoyen du Royaume « le droit à la protection de la santé » et « le droit à un environnement sain ». Plus fondamentalement encore, cette politique de mise en danger délibérée constitue une atteinte aux Droits de l’Homme.

Nous osons croire que, face à l’ampleur des problèmes évoqués et largement documentés sur le plan scientifique, vous ferez honneur à vos hautes responsabilités et ne vous contenterez pas de mesures de faible envergure ou dilatoires.

Nous vous prions de trouver notre argumentation, en annexe (pp. 7-12). Nous nous tenons à votre disposition pour répondre à vos questions, et nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, l’assurance de nos sentiments très distingués.


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